L’église Saint Cyr et Sainte Julitte

L’Église Saint-Cyr et Sainte-Julitte doit son nom à deux martyrs chrétiens, fils et mère,  du IVème siècle.


Elle serait le plus ancien monument du pays de Thiérache.

Elle fut construite sur un tertre au milieu de l’ancien fort d’Origny, et détruite par la terrible invasion du comte de Hainaut, en 1185.

 

Sa reconstruction fut entreprise grâce aux dons de Dame Ameline de Guise entre 1185 et 1200, et un donjon défensif y fut ajouté. Ce dernier est une tour imposante de forme rectangulaire, couvert d’un toit à quatre pans . Il était surmonté d’une flèche élevée qui s’écroula en 1810. Aujourd’hui seul le  mur de façade subsiste et la fenêtre derrière laquelle se trouvait vraisemblablement une salle de garde.

Ce donjon féodal servit souvent d’abri aux habitants pendant les guerres cruelles (guerre de 30 ans, guerre de religion, luttes territoriales, conflits franco-espagnols) qui se succédèrent au XVIème et XVIIème siècles.

Notre village se trouvait sur une route d’invasion et il était peuplé d’agriculteurs et d’artisans qui vivaient dans des maisons en bois ou en torchis donc peu résistantes. alors que l’église était solide et pouvait résister aux assauts.

C’est à l’année 1606, mentionnée sur l’une d’elles, qu’ il faut rapporter l’édification des deux tours rondes de 5 m de diamètre, construites en briques (c’était un matériau peu coûteux) sur un solide soubassement en gré et percées de meurtrières. Elles étaient de la même hauteur que le donjon. Elles avaient un rôle défensif et servaient d’observatoire (elles permettaient de surveiller les routes d’accès au village) mais aussi de poste de tir grâce aux meurtrières on pouvait tirer avec un mousquet et même lancer des projectiles à partir de celles du haut qui sont plus larges).

Plus tard, en 1883, et après 20 ans de négociation entre le curé et la commune, les transepts et le chevet furent reconstruits.


Reconstruction après-guerre

Quand la 1° guerre éclata, l’église était en très mauvais état et ce premier grand conflit mondial n’améliora pas sa situation.

En 1918, un obus tomba au beau milieu du donjon détruisant tout l’intérieur et quelques vitraux volèrent en éclats.

 

 

 

 

 

 

Elle fut restaurée de 1923 à 1930 (nef, bas-côtés, grâce au soutien du gouvernement vietnamien, en reconnaissance de l’action au XVIIIème siècle de Monseigneur Pigneau de Behaine. C’est donc en hommage à la Cochinchine que le donjon originel de cette église fortifiée fut surmonté d’un clocher aux décors géométriques, semblable à celui de la cathédrale de Saïgon.

L’aspect actuel de l’église d’Origny semble réunir plusieurs églises de style complétement différents. Les matériaux, les méthodes de construction montrent que les transepts et le chevet mais aussi la nef, les bas-côtés et le clocher sont récents par rapport au pied du donjon et de ses tours.

En 1927, le donjon accolé de ses tours , épargnées par les bombardements de 14-18, furent inscrits aux monuments historiques.

En 1983, une partie des cendres de Mgr Pigneau de Behaine a été ramenée à Origny grâce au Consul Général de France à Saïgon ; l’autre partie est déposée à la Chapelle des missions étrangères de Paris.

 

 

 

 

 

 

 

Notre église contient une petite crypte qui servait de chapelle et dans laquelle on y célébra les messes pendant la 1° guerre quand les Allemands l’avaient réquisitionnée pour en faire un hôpital militaire.

Notre clocher renferme aussi 5 cloches de poids différents allant de 160 kg à 544 kg : Paul, Victoire, Rosalie, Marguerite et Claire.


Intérieur


Aujourd’hui…

 


Dans l’art…

1, 2. peinture de M.Boiry.
3. peintre inconnu.
4.
5. peinture de José Bribé, ancien libraire d’Origny ; propriété de Mme Claire Bouloy.


Classée partiellement (façade occidentale) aux Monuments Historiques depuis le 24 octobre 1927.

 


Sources : E.Michaux. La Rando dans l’Aisne. Notice des Monuments Historiques.

Avec la contribution de Michel CAMUZEAUX.


Page mise à jour le 25/09/2026

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